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NON !

NON !

Et voilà J+1 !, résultat officiel :

Au lendemain du rejet massif de la Constitution européenne à 54,87%, la France attend des changements profonds dans sa classe politique. Le chef de l’Etat devrait annoncer un remaniement ministériel prochainement. La gauche attend aussi de se réorganiser.
Sarkozy, Premier ministre ? Après le rejet massif de la Constitution européenne par les Français, on attend aujourd’hui les conséquences sur la politique intérieure. Jacques Chirac l’a promis hier soir. Le chef de l’Etat a annoncé hier soir un changement de gouvernement "dans les tout prochains jours", promettant une impulsion politique "nouvelle" et "forte". On attend donc un remaniement ministériel. Les noms de Dominique de Villepin, le favori est le ministre chiraquien de l'Intérieur mais aussi Nicolas Sarkozy, circulent. D’ailleurs, selon un sondage CSA publié ce matin par Le Parisien, le président de l'UMP est le préféré des Français comme Premier ministre en cas de départ de Jean-Pierre Raffarin, avec 25% des sondés, M. Sarkozy devance largement les autres prétendants potentiels à Matignon, soit Michèle Alliot-Marie (13%), Dominique de Villepin (11%), Jean-Louis Borloo (10%), ou encore François Bayrou (8%).

Un ras-le-bol de la politique intérieure. Selon une enquête Ipsos, le résultat a été avant tout provoqué par un mécontentement sur la situation économique et sociale française, et ensuite par une volonté de rejet d'un projet jugé trop libéral. Le vote non concerne d'abord les catégories à faible pouvoir d'achat (ouvriers, employés, artisans, agriculteurs) et davantage les zones rurales, une situation qui pousse les syndicats à revendiquer "un sursaut dans le secteur social", selon les termes de François Chérèque (CFDT). Cette analyse du vote a largement poussé les partisans du non, divers leaders de droite (MM. de Villiers et Le Pen) et de gauche (MM. Ayrault et Mélenchon) d'appeler le chef de l'Etat à démissionner. Mais comme il l’avait annoncé avant le référendum le Président a implicitement confirmé son refus de se démettre en affirmant qu'il "défendrait les positions de notre pays" lors du Conseil européen du 16 juin à Bruxelles. Alors que de nombreux ministres ont appelé à se rassembler derrière le chef de l'Etat, les chefs de file de l'UMP et de l'UDF ont semblé déjà prendre position en vue de la présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy a estimé que les "Français nous appellent à des remises en cause profondes, rapides et vigoureuses". "Cela suppose un tournant majeur dans nos politiques économiques et sociales", a-t-il ajouté. De son côté, François Bayrou a demandé à M. Chirac "d'organiser la consultation nécessaire" et "la confrontation des forces vives", estimant qu'un changement de Premier ministre ne suffisait pas. Dans la perspective de la bataille qui se dessine, Renaud Donnedieu de Vabres (Culture) utilisait une formule choc: il faut "une équipe solide car ça va cogner".

Une réorganisation à gauche. Dans le camp adverse, au PS, 2007 était aussi dans toutes les têtes. Apparaissant comme le vainqueur à gauche, Laurent Fabius, le n°2 du parti, est resté silencieux, réservant ses commentaires pour le 20h00 de TF1, ce soir. Mais un de ses lieutenants, Claude Bartolone est monté au créneau, défendant la "crédibilité d'homme d'Etat" de l'ancien Premier ministre. Principal défenseur du oui, le premier secrétaire du PS, François Hollande, a regretté "le rejet du traité" mais l'a interprété comme "le rejet du pouvoir", appelant la gauche à se rassembler derrière "un projet crédible et mobilisateur" pour 2007. Henri Emmanuelli, un des leaders socialistes du non, a jugé nécessaire de "pratiquer une primaire" à gauche "pour éviter le drame de 2002". Beaucoup de responsables socialistes évoquent désormais ouvertement un congrès anticipé "à l'automne". Le n°1 socialiste s'est contenté de promettre que "les militants auront le dernier mot". La victoire du non a été acquise par une puissante, bien qu'hétérogène, mobilisation de forces politiques et sociales allant de l'extrême-droite à l'extrême-gauche en passant par les mouvements altermondialistes, associatifs, syndicaux et une partie du PS.