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Constitution et sondages ...

Alors que depuis une semaine on n'entend parler que de fermetures d'entreprises, d'embauches de salariés de l'Europe de l'Ouest à salaires cassés, de délocalisations en Roumanie à 110 € (j'en passe et des meilleures !) il se trouve que d'après les sondages le OUI à la Constitution est en train de remonter dans les sondages pour le donner finalement majoritaire ! 
Je me pose la question : est-ce que les partisans du OUI écoutent ils les mêmes infos ? ont ils de la merde aux yeux ? des envies suicidaires ? faut-il faire confiance aux sondages ? le passé nous a bien appris que non !

Depuis des décennies on n'est jamais tombé aussi bas dans la régression sociale et je me dis surtout qu'on  est toujours les  gogos de l'histoire et que c'est encore nous qui allons payer l'addition !

Enquête IPSOS :

Comment expliquer cette évolution en l’espace de quelques jours?

Bien sûr, dans la nouvelle dynamique du Oui à gauche, il faut relever la présence dans la campagne de pédagogie de personnalités aussi marquantes que Robert Badinter ou Jacques Delors. Logiquement il convient également d’insister sur l’impact incontestable de la prestation télévisée très suivie de Lionel Jospin, dont cette enquête mesure les effets positifs auprès des électeurs socialistes.
L’intervention de l’ancien Premier ministre s’est inscrite dans un contexte où les arguments de campagne du oui commençaient déjà à retenir l’attention des Français. Pièce maîtresse du propos de l’ancien candidat socialiste à l’élection présidentielle, l’argument des dangers d’une victoire du Non pour la France, dont la crédibilité n’a cessé de croître au fil des semaines, apparaît sans doute ces deux dernières semaines comme le principal point d’appui de la dynamique du Oui.
A droite, la détermination en faveur du Oui s’appuie largement sur l’idée que le Non conduirait à l’impasse. En effet alors qu’au début du mois d’avril, une nette majorité de sympathisants UMP-UDF croyait à la capacité de renégociation de la France en cas de victoire du Non, ils sont désormais une majorité absolue à être convaincus du contraire.
A gauche, la dynamique du Oui se structure autour d’une double motivation. Les sympathisants socialistes se montrent plus inquiets des conséquences d’une victoire du Non que de celles d’une issue inverse mais surtout le Oui incarne désormais plus le changement que le statu-quo. Au-delà de l’électorat socialiste, l’enjeu de la représentation du changement doit être considéré aujourd’hui comme le capital d’image essentiel pour les partisans du Oui.
Le choix du Oui est en effet considéré par plus de 50% des Français comme « incarnant le changement » contre 32% seulement qui l’identifie à la victoire du Non.
A l’exception des proches du PC, de l’extrême gauche et du Front national, toutes les sensibilités politiques traditionnellement pro-européennes, y compris les Verts pour l’instant tentés majoritairement par le Non en terme d’intentions de vote, sont acquis à cette idée. L’incarnation du changement est également majoritaire dans des catégories sociales le plus souvent tentés par un vote négatif: les ouvriers, les employés, les 30-50 ans.
 Les partisans du Oui doivent désormais convaincre ces milieux sociaux que la Constitution européenne est porteuse d’un changement destiné à créer les conditions d’un pays plus confiant dans son avenir. C’est là l’un des enjeux de la seconde intervention télévisée de Jacques Chirac au moment où le choix des Français semble momentanément plus à l’abri du climat intérieur, au profit d’une réponse plus motivée par les enjeux européens. Mais il reste quatre semaines de campagne au cours desquelles la pression du climat politique, économique et social peut encore jouer son rôle. La persistance d’une actualité  favorable au Non et le niveau encore significatif des hésitants viennent s’ajouter à cette nouvelle donne encore incertaine.