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un poste en Malaisie ...

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C'est par un courrier, reçu avant le week-end du samedi 17 et dimanche 18 décembre, que onze salariés de la société Radiatex-Protex, installée à Bellerive-sur-Allier (Allier), se sont vu proposer un reclassement en Malaisie "dans les conditions salariales en vigueur dans ce pays".

Anciennement appelée Prophyltex et spécialisée dans la fabrication de préservatifs, cette entreprise, créée dans le bassin vichyssois en 1937, emploie une quarantaine de personnes, dont une majorité d'administratifs et de commerciaux. La mesure concerne onze salariés, dix ouvrières et un agent de maîtrise, affectés à l'emballage des préservatifs.

La direction japonaise du groupe Sagami, qui a racheté l'entreprise il y a quelques années, a ainsi libellé le courrier : "Dans le cadre d'un projet de licenciement collectif pour motif économique, nous envisageons de supprimer votre emploi. Nous vous proposons un reclassement dans une usine du groupe en Malaisie, un poste identique d'ouvrier dans le conditionnement emballage des préservatifs."

"Dans l'état actuel de nos informations, ajoute le courrier, il apparaît juridiquement impossible d'embaucher un salarié de nationalité française au poste qui vous est proposé. Cependant, nous souhaiterions savoir si vous avez l'intention d'être reclassé en Malaisie aux conditions indiquées ci-dessus", soit un salaire annuel de 1 169 euros pour quarante-huit heures hebdomadaires, dix jours de congés payés et une prime de mutation de 2 000 euros.

Les employés, surtout des femmes ayant entre vingt et trente ans d'ancienneté, ont vivement réagi. L'une d'elles se déclare "autant irritée par les conditions de reclassement que par le principe même de la proposition qui n'en est pas une".

Rafaël Suarez, de l'union locale CFDT, souligne que la direction précise qu'"il apparaît impossible d'embaucher en Malaisie un salarié de nationalité française au poste qui est proposé". Le syndicaliste parle "d'atteinte à la dignité humaine".

Si la direction se refuse à tout commentaire, les salariés s'attendent à recevoir leur lettre de licenciement en janvier. L'Allier devait déjà faire face à un autre cas de délocalisation de la part d'un groupe étranger : celui de l'usine de fabrique de verre Sediver à Saint-Yorre, qui s'est terminé par la suppression de 290 emplois.

Jean-Yves Vif